Un urbanisme circulaire et social pour l’occupation temporaire des espaces vacants

  • 2022-09-01 08:00:02
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  • Eclaira.org
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Ma Friche Urbaine a pour but d’être une « fabrique du territoire » et de renforcer la cohésion territoriale en lien avec les acteurs du territoire. Elle crée de la valeur sociale, économique, et environnementale au sein des territoires.

  • Structure porteuse : Ma Friche Urbaine
  • Nature de l'initiative : Démarche individuelle (entreprise ...)
  • Auvergne Rhône-Alpes, en Bourgogne Franche Comté et dans la région Grand Est
  • Parc d’activités de Gorge de Loup, 24 Avenue Joannes Masset, 69009 Lyon
  • Date de début : juin 2019

Ma Friche Urbaine (MFU) a pour finalité la co-construction de projets entre acteurs d’un quartier pour expérimenter de nouveaux usages et répondre à des besoins du territoire sur des espaces inoccupés entre la cessation d’activité et le démarrage d’un nouveau projet d’aménagement.

Grâce à cette initiative, des acteurs au budget serré comme des acteurs de l’ESS ou jeunes entreprises peuvent se lancer dans des territoires souvent tendus comme les métropoles. MFU permet également aux propriétaires fonciers d’économiser les coûts d’un bâtiment vacant et de la gestion de risques (dépôts sauvages, sur-pollution, incendie etc.).

La fondatrice, Anne Delos, a travaillé pendant 20 ans dans la gestion du passif environnemental des friches (gestion déchets et sols pollués) ainsi qu’au sein du programme régional « ID Friches » sur la revalorisation et la requalification des friches industrielles en Auvergne-Rhône-Alpes avant de créer Ma Friche Urbaine. Au sein de ce programme, elle a compris que les espaces vacants sont des gouffres financiers pour les maîtrises d’ouvrage tout en étant une opportunité pour les acteurs locaux. Ma Friche Urbaine, en tant que structure de l’ESS, vise à occuper les terrains bâtis et/ou non bâtis inoccupés avec un aménagement frugal. Souvent, la structure inclut un volet social et insertion dans l’occupation.

Résultats qualitatifs et chiffres clés

  • Le renforcement des connexions entre acteurs du territoire.
  • La facilitation de la création et du développement d’activités émergentes dans le domaine conventionnel et dans le domaine de l’ESS.
  • Le mélange d’une multiplicité d’acteurs tels que des structures associatives, des start-up, des jeunes entrepreneurs, ou encore des entreprises (PME et ETI).
  • Des économies réalisées : Un site en vacance en métropole pendant plusieurs mois voire plusieurs années peut faire l’objet de dégradations suite à des occupations illégales et ainsi générer des coûts importants de réparation. Le fait d’occuper temporairement le lieu permet d’éviter les coûts de réparation des dégradations ou de sécurisation du lieu. 
  • La mutualisation de moyens : Les occupants temporaires sont amenés à mutualiser leurs moyens dans le cadre d’un aménagement à durée déterminée donc frugal.

 

  • Jusqu’à 150 acteurs réunis pour un projet de requalification de friche

Historique et perspectives de l’initiative

2019 : Création juridique de la structure et premiers projets d’assistance à maîtrise d’ouvrage.

2020 : Au sein du Vercors, dans une commune de 3000 habitants, Ma Friche Urbaine a réuni 150 acteurs pour un projet de requalification d’une friche touristique.

Autonome 2021 : Ma Friche Urbaine devient une structure de l’ESS dont la mission d’intérêt général est la cohésion territoriale.

2022 : Augmentation des effectifs de 2 salariés à 4 salariés et début des premiers projets d’animation et de gestion de sites occupés.

 

 

Facteurs d'accélération et freins

Facteurs d’accélération :

  • Les coûts de gestion des sites vacants sont incitatifs, d’autant plus qu’ils augmentent de manière exponentielle au fur et à mesure de la durée de vacance du bâtiment. Une occupation temporaire a un intérêt financier positif.
  • Plus la période de vacance est longue, plus il est facile d’amortir les investissements réalisés pour la mise en œuvre de l’occupation temporaire.
  • Les projets de valorisation des sites s’intègrent dans les démarches RSE des propriétaires fonciers.
  • Les projets d’urbanisme transitoire renforcent les canaux de communication avec les parties prenantes en lien avec le propriétaire (comme les collectivités, les riverains etc.) très en amont du développement du projet urbain.

Freins :

  • L’occupation temporaire n’est généralement ni anticipée, ni même prévue dans la programmation des maîtrises d’ouvrage.
  • Plus la temporalité de la vacance est courte, plus les investissements sur l’urbanisme transitoire sont restreints.
  • Le concept d’aménagement frugal est souvent mal perçu par les propriétaires fonciers qui confondent ce concept avec la notion de précarité. La frugalité est différente et consiste, par exemple, à consommer moins d’énergie ou à consommer moins en mutualisant les moyens.
  • Les projets d’occupation temporaire sont peu ou pas chiffrés dans les modèles conventionnels des maîtrises d’ouvrage qui oublient souvent que l’urbanisme transitoire requiert du temps et des moyens financiers.
  • Les rigidités des documents d’urbanisme cloisonnent souvent les domaines d’activités autorisés sur les espaces. Il n’est pas évident de mettre des activités économiques sur des espaces consacrés aux habitations et réciproquement, une flexibilité sur le changement d’usage du bâtiment dans le cadre de l’occupation temporaire serait bénéfique.

Domaines d’activités

  • Construction
  • Tourisme
  • Commerce

Ressources

  • Métaux
  • Biodiversité
  • Minerais
  • Matériaux de construction

Partenaires

    Les partenaires sont les réseaux auxquels la structure appartient c’est-à-dire GAIA, Start-up de territoire, Mouvement Impact France, Alter’Incub, IDFriches, ANCIELA, la Myne, Connaissances, Lyon Start Up, Ville et Aménagement Durable, INDURA, Fondation Emergences et l’incubateur Beelys.

Moyens techniques et méthodologies

Modèle économique

2 typologies de prestations :

  • Prestation de services : Étude de faisabilité, étude d’opportunité et étude de co-construction de projet.
  • Gestion et animation de site : Ma Friche Urbaine peut gérer et animer des sites grâce aux financements issus des baux précaires. Les baux précaires sont les redevances que paient les occupants temporaires des sites. Même si celles-ci sont bien inférieures aux loyers qui existent dans les grandes villes, lorsque la pression foncière est importante, les redevances sont assez importantes pour permettre le financement d'un poste de coordination. La gestion et l’animation de site peuvent aussi être financées par une source de financement hybride (à la fois par les baux précaires et prestations de services).

Les perspectives

Ma Friche Urbaine souhaiterait conforter sa présence en milieu détendu (rural et péri-urbain), continuer à travailler en lien avec une grande diversité de sites et continuer d’assister les maîtrises d’ouvrage dans la coordination et la gestion de sites. Une anticipation des projets d’occupation temporaire qui seraient pensés dès la phase de réflexion de développement d’activités serait propice au développement de Ma Friche Urbaine ainsi que l'établissement d'une coopération de territoire avec les financeurs privés qui permettrait une facilité de mise en œuvre de ces projets.

Moyens humains

4 ETP

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