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Recherche de données concrètes sur des projets d’EIT

  • Créé le 19-01-2018 avec 2 publications
  • Vue 1099 fois
  • Axel JOURDA
    le 19-01-2018

    Bonjour à tous,

     

    Afin de défendre l’intérêt de l’EIT (notamment devant des élus), je suis à la recherche de quelques exemples de projets d’EIT concrets et impressionnants.

    Je recherche des synergies avec des résultats significatifs et remarquables et surtout idéalement entre de PME en milieu rural.

    Si vous possédez des documents présentant ce type de projets avec des chiffres concrets (x emplois créés en développant de nouvelles activités, x € économisés, x tonnes de déchets, de bio-déchets, de palettes réutilisées, x kWh de chaleur réutilisés, achat évité de x Nm3 de gaz, x tonnes.km de transports évités,…), n’hésitez à m’en faire part.

     

    Merci par avance et bon week-end,

    Clémence REJNERI
    le 02-02-2018

    Bonjour Thomas,

    Réponse animateurs Grand Est :

    En ce qui concerne le Club d’Écologie Industrielle de l’Aube, nous évoluons sur le territoire départemental et nous rencontrons une diversité d’acteurs dans le cadre de nos missions. Ainsi, le CEIA peut être en relation tant avec des multinationales telles que Michelin, qu’avec des PME, TPE ou encore des agriculteurs.

    Une des synergies remarquable réalisée par le Club sur un territoire rural est la synergie des sables de betteraves qui a été mise en œuvre de 2004 à 2012. D’un côté, la distillerie-sucrerie Cristal Union transforme des betteraves pour en faire du sucre et de l’Ethanol. De l’autre, l’entreprise APPIA Champagne (devenue par la suite EIFFAGE TP) est une entreprise du secteur du BTP qui réalise divers travaux de voirie. Lors du process de lavage des betteraves, Cristal Union récupère 6 à 18 000 T de sable par an, en fonction des quantités de betteraves récoltées et de la tare (quantité de terre sableuse autour de la betterave). L’épandage de ce sable étant limité par la saturation des sols agricoles en sable, Cristal Union cherchait un éxutoire pérenne en capacité de le récupérer. Après analyse du sable, comparable à des matériaux alluviaunaires, il est apparut que cette matière pouvait servir dans les travaux de construction d’EIFFAGE. Ainsi, Cristal Union cédait gratuitement son sable à l’entreprise APPIA Champagne, lui fournissant une matière première secondaire gratuite en minimisant son impact environnemental.

    Cette opportunité représentait un fort intérêt du côté des opérateurs du TP, car l’Île de France dispose de peu de foncier pour récupérer du granulat, et les matériaux sont aspirés par la dynamique de construction de Paris. Ainsi, il est plus confortable de réserver les sables issus directement des carrières lorsque c’est une prescription technique et d’utiliser des matières premières secondaires quand cela est possible.

    Par ailleurs, les problématiques rurales tendent à identifier des solutions de méthanisation pour les flux de biodéchets méthanisables. En effet, deux exemples intéressants en Alsace sont à noter : le projet Agrivalor et le lycée agricole d’Obernai.

    Depuis 2013, ce dernier a installé un digesteur dans le lycée agricole, qui transforme 8000 tonnes de matières organiques issues des déchets agricoles, urbains et industriels (lisiers, fumiers, marcs de raisins, etc.) en énergie. Ce projet de territoire rassemble plusieurs acteurs et notamment l’exploitation du lycée agricole d’Obernai (60 ha avec un cheptel de 160 bovins), l’entreprise Stoeffler (charcuterie et produits traiteurs), et des collectivités locales. Ainsi, l’unité de méthanisation a nécessité un investissement de 2,2 M€ et a bénéficié de 825 k€ d’aides publiques. La valorisation des ressources locales permet une économie potentielle de 100k€ pour le traitement des déchets et produit :

    -        2 000 MWh d’énergie électrique qui est revendue à EDF ;

    -        1 274 MWh d’énergie thermique dont 1000 MWh fournissent l’usine Stoeffler en eau chaude et en chauffage via un réseau de chaleur de 80 mètres ;

    -        du digestat qui fertilise 200 ha de parcelles agricoles en substitution aux engrais chimiques et qui conduit à une économie de 120k€/an.

    Autres gains générés par l’installation, la facture énergétique de l’industriel Stoeffler a été diminuée et le rejet de 600 tonnes de CO2 par an a été évité.

    Dans le cas d’un territoire rural avec une multitude de petites structures, les synergies à privilégier et qui auront le plus d’intérêt pour les acteurs seront sans doute des synergies de mutualisation (collecte de déchets, massification de flux, partage d’équipement, partage d’expertises ou de salariés via des groupements d’employeurs).

    Sur le territoire de l’Aube, le groupement d’employeurs Convergence, initié par l’association régionale des industries agroalimentaires de Champagne-Ardenne en 2014, compte aujourd’hui plus de 45 salariés en CDI et une cinquantaine d’entreprises.

     

    Les groupements d’employeurs permettent le partage de personnels aux compétences adaptées aux besoins des entreprises. Les bénéfices sont multiples, que ce soit pour les salariés, qui bénéficient d’un emploi stable et pérenne, que pour les entreprises, disposant d’une personne qualifiée sur un poste saisonnier ou à temps partiel et directement opérationnelle sans besoin de reformer au poste.

    Dans le Grand Est, les autres démarches dont le territoire est à caractère rural ou péri-urbains sont notamment Pomacle-Bazancourt (principe de bio-raffinerie autour de grands groupes de l’agroalimentaire), la démarche SLIDE sur Bruche-Mossig-Piémont ou encore les démarches de Sarrebourg ou Thur-Doller présentant pour leur part une plus grande hétérogénéité des acteurs engagés et sujets traités. Les coordonnées des animateurs de ces démarches sont disponibles dans l’Annuaire de ressources internes.

    Mais il existe de nombreuses autres démarches développées dans un cadre rural (ex. le projet Boucle développé sur 5 territoires du Massif Central : les départements de la Creuse et de la Lozère, le bassin de Thiers, le Grand Roannais et la Communauté de Communes de la Côtes de Combrailles). Plus d’information sur les démarches françaises – voir le recueil des démarches d’écologie industrielle réalisé par l’association Orée en 2016.

    On peut également évoquer l’association Biovallée, qui déploie depuis 2013 un programme d’écologie industrielle et territoriale afin de mettre en place des actions de coopération entre les acteurs économiques de la vallée de la Drôme (entreprises, agriculteurs, collectivités et associations). Ils ont notamment travaillé sur les leviers d’action d’une démarche EIT dans un contexte rural :

    -        http://www.biovallee.fr/ecologie-industrielle-et-territoriale-eit.html

    -        https://www.eclaira.org/data/sources/users/3/eclairanewslettern1septembrepage-6-7.pdf#viewer.action=download